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                                 Quel alphabet pour Tamazighte?                                  

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      - 1 -           Reflexions        

 

   1 - l'alphabet arabe:

          Vue la situation actuelle du niveau d'alphabétisation en arabe de la population de Tamezgha y compris les Berbères , l'arabe apparaît comme le plus pratique et évitera d'alphabétiser de nouveau toute une tranche de la population berbère.

             Mais l'inconvénient de cette solution est que la culture arabe est en situation dominante   et risque ainsi d'annihiler les efforts pour enseigner et transmettre la culture berbère.. En outre,  la langue arabe qui est trop liée au religieux ( comme le fut le latin aux siècles derniers) ne véhicule pas , dans le cadre des régimes politiques arabo-musulmans actuels ,  les valeurs berbères et modernes  concernant la liberté, la démocratie, la femme, etc... et l'arabe classique écrit n'est lui-même maîtrisé et compris que par une petite partie de la population de Tamezgha. Par ailleurs la bibliographie , la documentation,  l'enseignement scientifique , les techniques d'impression , de reproduction et les ressources informatiques en langue arabe sont de ce point de vue très  insuffisants en comparaison avec ceux des langues écrites en alphabet  latin ( français ,anglais, espagnol, italien.)

   webmaster

 
   

 

2 - L'alphabet latin

                A mon avis ,et à première vue , c'est cet  alphabet qui présente le plus d' avantages pour les berberes de Tamezgha et de la diaspora ., Contrairement a l'arabe et le tifinagh l'alphabet latin est multiforme : manuel, imprimerie, majuscule et miniscule.... Outre l'absence de voyellation, l'autre avantage est   la structure linguistique ( préfixes, suffixes ....) qui permettent une évolution facile et structurée.

               Et  malgré qu' une partie non négligeable de la population berbère de Tamezgha est déjà alphabétisée en français  en espagnol, et en anglais  on pourrait faire la même réserve que pour l'alphabet arabe à savoir qu'il y a risque d'inhibition des efforts de  l'enseignement de la culture et   de la langue berbère . En effet les moyens disproportionnés, qui sous-tendent les langues utilisant l'alphabet latin par rapport  à ceux du berbère , peuvent constituer un frein.

 

webmaster

lire texte ci_dessous sur la graphie latine et tamazight paru dans le journal Tawada No 1 de december 2001

 

LA MISSION IMPOSSIBLE

+ Graphie arabe non adaptée à la transcription du tamazight

* Graphie latine, pratique et universelle

Malgré q'une certaine unanimité s'est faite et continue de se faire sur l'importance pour imazighen d'utiliser la graphie latine pour écrire tamazight, certains donneurs de leçons, animés d'une volonté suspecte, continuent vainement de semer les doutes au sujet d'un vrai faux problème de "choix" du caractères .

Avant d'examiner et de mettre à l'épreuve chacune des graphies en compétition apparente, faisons d'abord une précisions quant à la différence qui existe entre transcrire et écrire une langue.

En phonétique, transcrire un parler donné, c'est noter rigoureusement toutes les nuances de tous les sons rencontrés dans ce parler en vue de le comparer à d'autres parlers. Pour cela, les phonéticiens utilisent un système graphique construit sur le principe selon lequel un son donné, est représenté par un signe particulier. En phonétique, la graphie, utilisée est l'alphabet phonétique internationale (API). A cette graphie, certains phonéticeins "berbèrisants" préfèrent la graphie gréco-latine enrichie de signes diacritique et de points souscrits (46 signes).

Cependant, une langue écrite est toute à fait autre chose 1 Car selon l'orthographe grammaticale de cette langue, un graphème peut avoir des valeurs phonétiques différentes d'un cas à un autre.

Un graphème peut être muet ou prononcé selon les situations.

Deux graphies qui se suivent peuvent rendre un son nouveau. Des mots à orthographe différentes peuvent se lire de la même façon...

Et, l'écrit n'est toujours pas conforme à l'oral. Dans une écriture qui mérite respect, c'est les règles grammaticales qui gèrent l'orthographe des mots et non pas uniquement leur réalisations phonétiques qui sont variables d'une région à une autre voir d'un individu à un autre.

Après cette brève précision, nous remarquons d'ores et déjà que l'orthographe n'est possible qu'en utilisant exclusivement la graphie latine (26 signes, de A à Z), la seule graphie capable de concrétiser une écriture digne de ce nom.

Dans le cas de tamazight, malgré que les auteurs et producteurs en cette langue ont déjà tranché dans ce faux problème, encore une fois, confrontons quand même les trois graphies (arabe, tifinagh , et latin) les unes aux autres et vérifions les compétences de chacune dans les différents domaines relatifs à l'écriture et à ses applications.

Avant de mettre à l'épreuve ces graphies ; posons d'emblée certaines conditions nécessaires pour toute compétition en matière d'écriture :

  • Eliminons d'abord les graphies qui ne possèdent pas de voyelles ! ! Car en écriture orthogra
    phique, tamazight nécessite l'existence de voyelles (a, e, i, o, u) et celle de diphtongues (ae,
    oe,ou, ue, ee ...) exigées par la rigueur des règles grammaticales. L'écriture nécessite égalementla présence de voyelles accentuées (è, à, u...) nécessaires pour éviter toute altération graphique des substantifs lors de leurs conversions au pluriel, et celle des verbes lors de leur conjugaisons.

  • - Eliminons ensuite les graphies qui ne peuvent exprimer la gémination par une double let
    tre (ss, gg, zz...) et rendre des sons nouveaux par formation de digrammes (gh, dt, dj, zs...).

  • - Eliminons également les graphies qui ne possèdent pas de majuscules (très importantes
    pour différencier un nom d'un adjectif) et les graphies qui ne possèdent pas d'apostrophe (très
    importante pour noter l'élision)...

  • - Eliminons enfin les graphies archaïques et en retard technologique. Ces graphies incapa
    bles d'assurer la diffusion de tamazight par les moyens modernes de communication (technolo
    gies actuelles, matériel informatique, messagerie électronique, Internet...) et rejetons toute graphie incapable de contribuer à la standardisation de tamazight...

  • Attribuons un point (1) à la graphie qui peut rendre un service particulier à tamazight et à
    son écriture, et zéro point (0) lorsque incapable de rendre ce service. Les résultats sont résumés sans commentaires dans le tableau suivant :

graphie arabe

graphie tifinagh

graphie latine

voyelles

_ O

1

1

voyelles accentuées

1 o \

O

1

digrammes

o

0

1

diphtongues

0

0

1

gémination

0

0

1

apostrophe

o

O

1

majuscule / minuscule

0

O

1

moyens de communication

0

O

1

commodité

o

O

1

universalité

o

O

1

référence identitaire

0

1

0

TOT Aï-

o

2

1O

    CONCLUSIONS .

-     Tamazight s'écrit et s'écrira toujours en graphie latine ! Elle n'a pas le choix ! !

  • Ecrire ou enseigner tamazight en graphie arabe est une mission certainement impossible, et
    vouloir imposer cette graphie inadéquate à cette langue est un objectif irréalisable.

  • - L'alphabet latin, stable, universel et pratique, convient parfaitement au système phonologique de la langue amazighe.

  • Aucun autre alphabet ne peut satisfaire les exigences orthographiques de cette langue, assurer sa diffusion par les moyens modernes de communication et garantir son évolution loin de toutes les contraintes politiques et idéologiques.

  • - Seul une écriture régie par une orthographe grammaticale rigoureuse peut estomper les réalisa tions phonétiques dialectales, et garantir la normalisation et le succès de l'enseignement d'une langue amazighe unie ; structurée, et digne d'une langue d'enseignement...

  • - Tamazight possède son alphabet propre : Tifinagh. Ces caractères ayant un rôle très important dans la prise de conscience identitaire des jeunes amazighs, et témoins incontestables d'une tradition écrite millénaire de tamazight, doivent être enseignée en matière d'histoire et en éducation artistique (calligraphie), obligatoire dans les premières classes de l'enseignement fondamental.

  • - Enfin, engager tamazight dans une médiocrité graphique ne servira qu'à prouver l'échec de son enseignement...que les ennemis de cette langue auraient longtemps souhaité voir se produire...

Lahbib Fouad - Yéschou @ hotmail. Com

 

 
(dessins de Mr. Delanghe)     language des signes francais
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C D E F
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   ALGERIE : KABYLIE =   QUELLE GRAPHIE POUR TAMAZIGHT  ▼

 

 

 

Recommandations du colloque "Quelle graphie pour tamazight", organisé par l’association des enseignants de tamazight à Tizi-Ouzou, les 29 et 30 novembre 2006 à la Maison de la Culture

Mouloud Mammeri

_______________________________________________


I- GRAPHIE


-   L’usage de la graphie latine est réitéré.

-   Compte tenu de l’effort de codification pour un système de notation simple et efficace dans le cadre d’un aménagement global de la langue amazighe (grammatisation) et d’une production conséquente quantitativement et qualitativement (grammaires, dictionnaires, œuvres littéraires, réflexions scientifiques, etc. ; les participants aux journées d’études considèrent que l’usage a tranché en faveur de la graphie latine.

-   Il est recommandé l’organisation de rencontres pour la résolution des problèmes en suspens dans le cadre de la graphie latine (signalisation, ponctuation...).


II- ENSEIGNEMENT


-   Généralisation de l’enseignement de Tamazight dans les établissements où des cours sont dispensés en attendant l’ouverture de nouvelles divisions pédagogiques là où l’enseignement ne s’est pas encore concrétisé.

-   Formation des enseignants par l’ouverture de l’UFC à Tamazight.

-   Recrutement de tous les diplômés sortant des Départements de langue et culture amazighes.

-   Concernant l’enseignement actuel de Tamazight, il est recommandé notamment de :
• Revoir à la hausse du coefficient de Tamazight.
• Augmentation du volume horaire.
• Introduction de Tamazight à partir du préscolaire avec un programme spécifique.
• Suppression du caractère facultatif de l’enseignement de Tamazight, ainsi que la suppression de l’autorisation des parents.
• Séparer les manuels édités par l’ONPS en cahiers.


III- TERMINOLOGIE


-   La création de commissions de terminologies spécialisées (environnement, justice, masse média ...).

-   L’organisation d’une rencontre autour de l’homogénéisation du lexique scolaire.


IV- PRODUCTION CULTURELLE


-   Encourager les productions écrites et audio-visuelles, ainsi que la traduction d’œuvres universelles vers Tamazight.


 

Tizi-Ouzou, le 30 novembre 2006

 

 
   
     

3 - L'alphabet tifinagh

                   L'adoption de cet alphabet est synonyme d'ouverture d'un chantier d'alphabétisation qui prendra des années sinon des décennies. Car dans ce cas on part à zéro dans les domaines de documentations, de bibliographie, de techniques d'impression et de reproduction ainsi que des ressources humaines( formation de formateurs) et informatiques ( software). Je redoute que cette situation ne débouche sur la maîtrise de cette alphabet que par une "élite", partie infime des berbères. En outre son évolution dans les domaines  scientifique et technique sera très lent à une époque ou ces domaines changent à une allure qui s"accélère de plus en plus.

 webmaster

 


 

TABLEAU des differents tifinaghs

http://www.mondeberbere.com/langue/tifinagh/img/tableau2.jpg

Comparaison entre le système de l'Académie berbère (AB) et les différents sytèmes développés ensuite : Salem Chaker, Association Afus Deg Wfus, Revue Tifinagh (Maroc) et Arabia Ware Benelux
Chaker : La proposition de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco
Afus : Tiré du logiciel de l'Association Afus Deg Wfus (Roubaix)
Rev. tiff. : Publié dans la troisième de couverture de chaque exemplaire de la Revue Tifinagh (éditée au Maroc)
AB : Système développé par l'Académie Berbère (Agraw Imazighen)
AWB : Tiré du logiciel d'Arabia Ware Benelux (téléchargeable sur leur site http://www.arabiaware.com)

 

TIFINAGH

LE TIFINAGH ET L'ECRITURE LIBYCO-BERBERE

 

 

                            L' écriture libyco-berbère et les tifinagh

              Notre écriture à nous, en Ahaggar, est une écriture de nomades parce qu 'elle est tout en bâton qui sont les jambes de tous les troupeaux. (Dassine Oult Yemma).
  
    
                          Abri de Tin Hamanie. Adrar N'Ajjer.
  L' écriture "libyco-berbère".
  Les représentations d' art rupestre du Sahara sont souvent associées à des inscriptions rédigées dans un type d' écriture reconnaissable au style des caractères. Ces inscriptions sont dites "libyco-berbères" car de très nombreux documents attestent de la présence de cette écriture sur une aire qui coïncide en gros avec l' ancien territoire des berbères.
  Les premières inscriptions "libyco-berbères apparaissent vers 1500 - 1000 avant J.C. (époque des chars ).
  On distingue traditionnellement plusieurs formes de l' alphabet de cette écriture, l' oriental (est de l' Algérie, Tunisie), l' occidental (Îles Canaries, Maroc, ouest Algérie) et le saharien.  Cependant de nombreuses variantes existent dans ces grands ensembles qui correspondent vraisemblablement à des états de langue aussi variés a cette époque qu 'ils le sont aujourd'hui.        
    

                      Les différents alphabets libyques
 

                Plus d' informations sur l' écriture libyco-berbère


  
  Tifinagh récents superposés à des peintures caballines. Tin Hamanie. Adrar N'Ajjer.
  Le Libyque appartient à la famille afrasienne comme l' égyptien. L' alphabet est strictement consonantique, les voyelles ne sont pas notées, sauf en fin de mot, et les mots ne sont pas séparés. L' orientation est très fantaisiste, souvent de haut en bas, mais aussi de gauche à droite ou de droite à gauche. Cette structure complexe explique les difficultés de déchiffrement. Actuellement seul le Libyque oriental est déchiffré.
  L' unité profonde de ces différentes formes apparaît dans le tracé des lettres qui ont partout les mêmes formes géométriques simples et non cursives: barre, cercle, chevron, point ou des combinaisons de ces figures.
  Les origine sont assez obscures. La première hypothèse à été le modèle punique, le mot "punique" étant relatif à Carthage fondée par les Phéniciens. L' alphabet libyque aurait été emprunté au phènicien. Cette hypothèse est justifié par le rôle important que cet alphabet à joué en Afrique du Nord. D' ailleurs le nom touareg des caractères actuels,le nom "tifinagh", dérive de la racine qui désigne les phénicien en sémitique. Cependant la forme,le style des caractères et le peu de lettres communes ne confortent pas cette origine.
  Une autre hypothèse est que le libyque et le phénicien seraient des évolutions d' un alphabet encore plus ancien.
  
                  Tifinagh gravés. Tadrart.


              Figure géométrique et tifinagh. Tissoukai.


          Animal indéterminé, chien ou félin, avec une queue en forme de spirale. Les poils de la bête sont représentés. Tin Aboteka.
  Mais l' hypothèse la plus satisfaisante actuellement est celle d' une origine autochtone du libyque. L' écriture libyque serait née d' un ensemble de signes appartenant à l' art géométrique (peintures corporelles, décors des vêtements, marques de bétails) qui, perfectionnés par différents emprunts (sémitique, punique, anciens alphabets de l' arabie du sud), auraient évoluer pour devenir des lettres.
  La présence de nos jours de signes libyques et tifinagh sur les bijoux et vêtements pourraient faire penser à un système magico-religieux qui précéda l' écriture.
  Le grand nombre d' inscriptions verticales laisse supposer une origine ancienne. En effet ce type d' inscriptions ne se retrouvent que dans les premiers débuts des alphabets ainsi que dans les hiéroglyphes égyptiens.
  Ces caractères sont tout naturellement destinés à être gravés ou peints sur des rochers en inscriptions courtes qui viennent seulement préciser le sens de l' image qu 'ils accompagnent. Le vieux verbe berbère pour "écrire", ara, a comme sens premier "inciser".
  
  Un dossier complet sur les alphabets


                    Les deux inscriptions de Takoudematine. Tasilli N'Ajjer.

  Quelques inscriptions bilingues (libyco-latines et libyco-puniques) découvertes sur des stèles funéraires au Maroc et en Tunisie ont permis de restituer le valeur de certains signes.
            

  L' inscription ancienne.
          

L' inscription moderne commence par la formule "awa nek".


  Cette peinture de Takoudematine pourrait aider au déchiffrement du Libyque saharien.
  Elle regroupe deux inscriptions de périodes différentes.
La première, oblique,est associé à un personnage garamante portant un bouclier et un bâton de commandement. Elle utilise l' alphabet libyque saharien.
La deuxième, plus récente, horizontale, est associée à un chameau. Elle utilise un alphabet tifinagh moderne.

  
  Plus d' informations sur l' écriture libyque

  
                  Tifinagh et guerrier berbère. Tin Hamanie..


L' alphabet Tifinagh récent.   Cette écriture a disparu de l' Afrique du nord cependant le libyque saharien se conserve et va évoluer en tifinagh ancien partiellement interprété par les Touaregs, puis en tifinagh récent encore utilisé aujourd'hui.
  Le tifinagh est encore largement utilisé par les Touaregs et pas seulement par les femmes qui l' enseignent en écrivant sur le sable.
  Le terme tifinagh est le pluriel de tafineq où ta est la marque du féminin. Les formes sont géométriques (points, cercles, traits). Cet alphabet est essentiellement consonantique et les voyelles ne sont transcrites que par un point en fin de mots.
 

  Plus d' informations sur les Tifinagh
                

                  Tifinagh et personnage à tête de bâtonnet. Takoudematine.


L' utilisation de l' écriture Tifinagh aujourd'hui.   L' utilisation de cette écriture est pleine de paradoxes. Si depuis plus de vint cinq siècles elle a produit des milliers d' inscriptions, elle n' a par contre été utilisée pour aucun texte littéraire. La société berbère est riche d' une importante culture orale mais possède cependant des écrits presque tous en langue étrangère.
  Et bien qu 'elle soit largement répandu en pays touareg, cette écriture est confinée dans des emplois que nous jugeons mineurs : inscriptions rupestres, courts messages destinés a être détruit après lecture. Un livre présente des documents exceptionnels récemment retrouvés. Il s' agit de messages adressés au Père de Foucauld par ses amis touaregs, messages écrits en tifinagh sur des supports de fortunes (bout de papier, tissu).
  En fait l' écriture tifinagh n' est pas faite pour écrire. Elle est plutôt un divertissement de jeunesse et les anciens ne s'y intéressent pas ouvertement. C' est un jeu que l' on apprend dès l' enfance qui permet aux jeunes gens d' échanger des messages et de faire preuve de leur habilité.
  
                  Tifinagh et méhariste. In Itinen.
          Tifinagh et guerriers libyens. Arakao.
            Le sens de lecture est de droite à gauche. Tin Hamanie.
  

  En effet, les voyelles ne sont pas notée et les mots non séparés, le lecteur doit donc essayer la série de voyelles sur chaque consonne du texte jusqu' a que les sens lui apparaisse. Le message est parfois codé afin de perturber davantage le partenaire. Il existe des compétitions où l' on prouve sa capacité à écrire et à déchiffrer.
  Ces jeux, au même titre que les devinettes, jouent un rôle important dans la formation et la culture touaregue.
          
      Un journal en tifinagh a vu le jour à Agadez.
  Cependant cette écriture traditionnelle conserve une forte valeur sentimentale, elle est un symbole de l' identité berbère. Et le désir de doter le langue berbère d' une écriture usuelle occupe de nombreuses association culturelle ainsi que des scientifiques :
  une interview du professeur Karl-G PRASSE >>
  
  La tradition orale attribue la création des tifinagh à Amerolqis, un héros mythique, fondateur de la culture touarègue, pour communiquer discrètement avec les femmes dont il était amoureux. Amerolqis était coutumier des rencontres nocturnes et galantes, un homme accompli et bien fait de sa personne. Les femmes lui manifestaient des sentiments passionnés. Amerolqis était un maître en fait d' intelligence. Amerolqis était un galant noctambule et un amoureux des femmes. C' est à ce propos qu' il inventa les tifinagh. Il fit chaque signe à propos des femmes. Les connivences entre lui et les femmes n' étaient que des codes secrets. A l' origine, les tifinagh étaient donc perçues comme des signes confidentiels pour exprimer les relations amoureuses et courtoises entre partenaires complices. Et pour parfaire cette relation amoureuse, Amerolqis inventa la poésie, le chant et la musique.
  Cette tradition galante et poétique continue de régir les rapports amoureux dans la société touarègue et explique pourquoi les tifinagh sont toujours une écriture bien vivante.
  A l' issu d' un travail de normalisation des polices de caractères pour ordinateurs ont été dessinées et sont disponibles.
  
  
  Proverbe touareg "Cherche la parenté, et si tu trouves l' amour, arrête-toi".
  
  source : L' écriture libyco-berbère, Lionel Galand, Sahara
 

 

Date:  Tue, 1 Aug 2006 00:33:23 +0200 (CEST)
De:  nassima farjia69 <fnassima69@yahoo.fr>
À:  touaregs@yahoogroupes.fr
Objet:  [touaregs] Tifinah
 

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          Le Tifinagh a été adopté par l' IRCAM comme alphabet pour l'enseignement de Tamazighte. Voir page sur l'alphabet Tifinagh  cliquez sur ce   LIEN  

 

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  - 2 -  Comment lire les textes  amazighs écrits en latin?

 

 Latin

Arabe

Imedyaten

(exemples)

a

أ

aman (eau)

b   

ب

barra (dehors)

c

ش  

cek (toi)

d       

د

imendi (blé)

dj         

دج

adji (cerveau)

e       

 

cek

f    

ف  

afus (main)   

g    

 

yegga (il a fait)

gh           

غ

aghrum (pain)

 h             

ح

ahenjir (enfant)

 i        

إ  

   ini (dire)

 j             

ج  

amjar (faucille)

k   

ك

kkar (se lever)

 l       

ل

 walu (rien)

m   

م     

tamment (miel)

n       

ن

anu (puits)

o   

ع

oan (pousser)

p     

ه

 wap (oui)

q             

ق

qim (s'asseoir)

r       

ر 

irar (jouer)

s        

س

susem (se taire)

t       

ت 

ttu (oublier)

tc      

تش

anitci (berger)

u     

ؤ

ur (coeur)

w

و  

awal (parole)

x  

خ   

axxam (maison)

y            

ي

 yis (cheval)

z    

ز

izi (mouche)

 

– La lettre “v”, placée devant une consonne, la rend emphatique: “Yettu” (sans emphase) signifie “Il a oublié”, alors que “Yettvu” (avec emphase) est un prénom de femme.

– Le doublement de la consonne marque la  tension: “su” (boire); “ssu”(faire le lit - arroser)  

- La spirantisation de "d" est volontairement négligée parce qu'elle ne paraît pas pertinente. Inutile de la noter donc, puisqu'il n'y a pas risque de confusion entre deux mots comprenant un "d" occlusif et un "d" spirant. Si des cas se présentent où la distinction entre un “d” occlusif et un “d” spirant s'avère utile et pertinente, alors on note “d” spirant en ajoutant une apostrophe (’) devant la lettre “d”, ce qui donne (d’): “Pda” - d'origine arabe - avec “d” occlusif signifie "Rester tranquille"; "Pd’a", avec “d” spirant, c'est "Brouter".
- Même chose pour la lettre "t". Cependant, il y a des cas où la spirantisation de "t" est pertinente, surtout quand il s'agit de distinguer entre certains pronoms masculins et féminins. Dans ces cas, on note la spirantisation de “t” en ajoutant aussi une apostrophe (’) devant la lettre (t) qui devient (t’): Ad t’ gharegh (“Je le lis” pour le masculin); ad t gharegh (“Je la lis” pour le féminin).

(Avant le numéro 58, nous notions les “d” et “t” spirants avec les doublets “jc” et “dt”. Mais la pratique de l'écriture et de la lecture des textes en amazighs, depuis des années,  nous a convaincu  que la nouvelle notation, consistant à ajouter une apostrophe aux “d” et “t” spirants, est plus facile, plus pratique et plus simple. Pour la lecture donc des textes d'avant le numéro 58, il faut faire attention à la notation de “d” et “t” spirants qui n'est pas la même que celle des numéro 58 et les suivants).

  – Les deux affriquées “dj” et “tc” sont rendues par les  doublets ”dj” et  “tc”.

– Les  «û »; « ê » et « î » “labio-vélarisent” les consonnes qui les précèdent:

  «û» comme: “Aseggûs”; “Tammûrt”; “Yemmû” (Il est cuit); “Deg ûss...” (Dans le jour...). Le « û »   doit garder la même prononciation labio-vélarisée – une  prononciation qui se « situe »  entre le « a » et le « u » – même s’il n’est pas précédé par une consonne, comme  dans: “ûrgh” (L’or) “ûrjigh” (J’ai rêvé).

  « ê » comme dans: “Yeggêd” (Il a peur); “Yeggêj”(Il est loin).

 « î » comme dans: “Tzvekkîd” (Tu traverses); “Tessemmîd” (Tu cuis)

  Quand la consonne labio-vélarisée n’est pas suivie d'une voyelle (« û », ou «î») ou d’un schwa («ê»), c’est l’ajout ou la présence d’un « w » qui marquent la labio-vélarisation, comme dans: “Semmw” (Cuis); “Iteggw” (Il pétrit);  “Deg wfus” (Dans la main); “yeggwd it”(Il l a peur d’elle).

  Même si le « w » a une autre utilisation, nous pensons que cette deuxième utilisation, qui sert à marquer la labio-vélarisation, ne pose pas de problèmes puisque le « w » n’est utilisé ici que dans des cas particuliers où il n’est pas suivi d’une voyelle ou d’un schwa.

  Enfin, le choix de cette notation est commandé par les principes suivants:

Une écriture simple n’utilisant que les lettres latines communément connues.

Une écriture facile n’utilisant que les polices disponibles sur tout clavier ou machine à écrire en caractère latin.

Une écriture propre qui ne comporte pas de signes diacritiques alourdissant et déparant l’écriture, et déroutant, sans doute, les nouveaux apprentis; ce qui n’incite pas à apprendre et à aimer apprendre Tamazight

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Kabylie:

H’anun Zanun ...asfel-is d "Dil Devrimi"

mercredi 6 décembre 2006

La question de la graphie de tamazight est réglée depuis le siècle dernier, qu’on se le dise ! Il ne revient pas à ceux/celles consciemment (machiavéliquement je veux dire) ou inconsciemment (par aliénation) déniaient pas plus tard qu’hier jusqu’à son existence même de décider aujourd’hui zaama de sa graphie et de son avenir. Tamazight a survécu malgré leur éthnocide, voilà ce qui continue à les tarrauder. Leur unique souci est de pouvoir en effacer toute trace, tout ce qui peut venir leur rappeler cette langue vernaculaire et séculière refoulée dans leur subconscient. Il appartient aux Hommes/Femmes Libres (Imazighen), n’ayant pas prêtés allégeance aux ennemis de Tamazgha, d’écrire selon la graphie de leur choix. Et combien même, ils n’ont pas de graphie propre, ils devraient l’inventer ! Pour les millions d’Imazighen, s’il y a un exemple à suivre en la matière en Méditerrannée, c’est bel et bien celui de la Turquie et des autres peuples du bassin Méditerranéen avec lesquels nous partageons un fond commun depuis la nuit des temps. Un choix libre, non imposé bessif (càd par l’épée ou le glaive).

L’Hocine Ukerdis

 

Source: kabylie.com

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